Dis-moi ce que tu cherches, je dirai qui tu es.


L’observation des occurrences qui conduisent à la découverte de ce blog ne manquera jamais de me faire sourire. C’est Muriel Beyer, directrice littéraire de Plon, qui remporte haut la main la palme de l’intérêt des internautes. Muriel Beyer, la moins présente dans le récit, la moins impliquée dans le film mais la plus recherchée sur le Net! Elle est suivie de très près par le jeune et flamboyant éditeur de Sigolène, récemment épanoui par sa paternité nouvelle, le discret mais indispensable Denis Bouchain. La suite du palmarès n’agitera guère les neurones sauf à constater à nouveau que les putes de Cavaillon – tout comme celles de Djibouti, nouvellement arrivées dans ce classement-  sont très recherchées.Un annuaire, j’imagine, s’impose, mais peut-être existe-t-il, je concède volontiers mon ignorance des réseaux des amours tarifés. Certaines recherchent la femme de Manuel Carcassonne, d’autres celle de Denis Bouchain. Les ont-ils trouvées sur la toile? La question restera sans réponse. Quand à la modeste plume qui se distrait en agitant ses frêles petits doigts sur le clavier, il doit bien constater que sa renommée numérique rencontre celle de son avatar humain et que celle-ci demande à être encore considérablement développée. En fais-je le voeu ? Ma foi… Là, dans l’instant, en écrivant ces batifoleries, je n’ai qu’un voeu à faire. Celui d’être chaque matin, comme ce matin et comme tant d’autres, réveillé par la chaleur du souffle de la petite libellule qui vient s’agiter dans mon lit pour m’avertir que le loup est rentré dans sa chambre et que le chasseur doit venir l’effrayer. Le chasseur se lève et pan, double pan, triple pan, souscrit volontiers à l’exigence de la galinette.  Mais ceci n’a rien plus rien à voir avec cela.

En ce jour de fin des jours, je vous adresse mes meilleures pensées.

Et si vous n’avez vraiment rien d’autre à faire…

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Les mots-clefs de la culture du net…


Toutes les recherches effectuées au travers d’un moteur de recherche et aboutissant à une lecture de ce blog laissent une trace. J’ai donc l’opportunité de constater par quel type d’intérêt l’internaute finit par venir se distraire au contact de celui-ci. La dernière de ces requêtes aura certainement désappointé celui qui cherchait à trouver le Graal de son attente puisque celle-ci tenait en ces termes ‘liste de numéros pute cavaillon’. Ainsi, par une soirée d’ennui, ne sachant comment aller au contact de celle qui pourrait le satisfaire rapidement, un triste sire cherchait si le plus gros bottin du monde ne pouvait lui fournir avec diligence la satisfaction immédiate d’un besoin impérieux. Le pauvre ne trouvera que la trace du parcours littéraire d’une jeune fille qui nous narre les moments de stupre et de luxure qu’elle aurait connus dans une adolescence égarée. Peut-être à deviner son récit se sera-t-il contenté d’une rapide branlette imaginant comment lui aussi au hasard d’une soirée de la bourgeoise provinciale, il aurait pu, au prix de quelques euros, s’envoyer en l’air avec l’auteure cavaillonnaise.

Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire, un film de Raphaël Pellegrino

Vidéo


Pour tous ceux qui n’auront pu le visionner en projection publique et qui ne pourront le voir en festival, ‘Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire’ est désormais accessible en ligne. Le film aura finalement une durée de 60 minutes, soit un moyen-métrage.

Chapitre 3


Avant d’être confronté à quelques problèmes techniques tels qu’ils peuvent vous pousser à repousser les limites de la patience, j’aurai filmé l’impression du livre de Sigolène. Mille kilomètres dans la journée pour une heure de tournage. Il en va là des nécessités ordinaires d’une production.

De l’été ne me reste que le souvenir d’une invraisemblable bataille avec mes images. Le matériel avec lequel j’ai tourné mes premières séquences était défectueux. Impossible de s’en rendre compte en tournage ; ma bécane plantée m’empêchait de digitaliser. Je passerai des semaines à corriger des images et surtout du son déficient. Mon premier montage m’endort d’ennui. Je comprends que je dois accepter de travailler avec plus de souplesse. Je ne fais plus un magazine, autant aller au plus près de ma sensibilité. Bonne pioche. Jour après jour, je me rapproche de mon désir. Traduire l’œuvre en image, observer l’auteur, témoigner de son parcours dans la rentrée littéraire.

S’impose l’évidence de la présence de Margaux. Les semaines passent et je tarde à l’appeler pour l’intégrer plus avant dans mon film. Ce sera corrigé à la rentrée, un peu tard. Contactée, Margaux ne verra pas d’objection, l’équipe de Plon sera plus dubitative, voyant dans ma demande une réaction d’opportunisme déplacée. La rentrée médiatique de Margaux est agitée,  l’éditeur me pense courir derrière son succès. Il faudra pas mal de pédagogie de ma part pour expliquer ma démarche et leur faire comprendre la nécessité d’élargir le contexte du film aux deux personnalités qui représentent la rentrée littéraire de Plon comme premières auteures.

Ceci fait, je chercherai et trouverai comment équilibrer la présence de mes personnages. Je veux être proche des deux œuvres, je dois me rendre à Cavaillon et à Marseille, lieux évidents pour illustrer le roman de Margaux.

Les semaines suivantes, je m’applique à poursuivre montage, tournage et recherche de partenaires de diffusion tout en poursuivant les activités alimentaires. Travailler seul me pèse. Ce film représente bien plus d’efforts et d’attention que je ne l’aurais soupçonné.

De jour en jour, je me suis rapproché de l’heure où le tournage s’achèverait. Je décidai que le Salon de Brive me verrait terminer mon film. Il correspond à la fin de la rentrée littéraire.  Au cours de ces semaines, il m’aura fallu composer avec les égos de chacun, les incompréhensions, les irritations et, dois-je l’admettre, ma lassitude de me voir justifier mon tournage à chaque fois que pointe le bout de ma caméra.

Le temps consacré à produire cet opus est excessif, je me suis trop éloigné de mon univers professionnel, obsédé par l’idée de produire une première œuvre digne d’intérêt, et, probable erreur, qui corresponde à mes engagements moraux à l’égard de chacun, c’est-à-dire un film bienveillant, ou à minima qui ne déconsidère personne. L’engagement est noble mais correspond-il au regard que je dois poser ?

Sigolène, Margaux et Camille

Quoi qu’il en soit, les trois journées de Brive se sont déroulées. Fut-ce la fin du tournage ou la proximité d’une première diffusion, chacun se sera détendu et aura accepté ma présence avec plus d’évidence.

Les interminables heures de montage qui suivront confirmeront que la fabrication d’un film quel qu’il soit demande un investissement personnel sans faille.

Vint la projection. La salle de cinéma de JP Mocky, Le Desperado, se révèle un lieu plein d’attrait pour une petite production comme la mienne. Je verrai avec émotion les images de mon film défiler sur l’écran et traduire la sensibilité qui aura été la mienne au contact de Sigolène et Margaux. Un temps effroyablement court où ces soixante minutes de film témoignent de mes six mois de travail. Le mot « Fin », des applaudissements. Il y eut des rires, des larmes ; de l’émotion me semble-t-il. Sigolène s’excuse, publiquement, de la difficulté des relations que l’on a entretenues pendant tous ces mois. Je suis heureux de l’entendre, d’enfin l’entendre. Margaux, elle, ne semble intéressée que par l’idée que rien de nuisible à sa personne ne transpire du film. Elle s’abstiendra de se joindre à toute l’équipe de Plon avec qui nous partons boire un verre pour, me dit-elle, aller dîner avec des amis. Nous la retrouverons en dernière partie de soirée. Guère de commentaires de sa part, guère d’émotions. Soit. Sigolène parait plus touchée, émue. Quant à l’équipe de Plon, elle est soulagée. Pendant tout le tournage chacun avait craint, malgré mes dénégations répétées, de voir leur milieu dépeint négativement.

Je suis circonspect. Je sais avec certitude que le film ne produit pas d’ennui, qu’il est léger, poétique et remplit bien des objectifs que je m’étais fixés. Entre documentaire et fiction, il permet d’aller au contact de l’œuvre des auteures, de percevoir leur parcours, d’observer leur arrivée dans le monde de la littérature. Mais ai-je été assez impertinent, assez caustique. Mon film n’est-il pas trop bienveillant ?

J’ai aimé cette aventure. Elle fut infiniment plus compliquée à réaliser que je ne l’imaginais. J’ai appris. Enormément. Sur mon métier, sur l’humain, comme à chaque tournage. Ce fut le premier. Le premier des miens. Il y en aura d’autres.

Maintenant, les festivals, peut-être la télévision, certaines foires aux livres. L’avoir réalisé fut une chose, il faut le faire vivre. 

A bientôt,