Dis-moi ce que tu cherches, je dirai qui tu es.


L’observation des occurrences qui conduisent à la découverte de ce blog ne manquera jamais de me faire sourire. C’est Muriel Beyer, directrice littéraire de Plon, qui remporte haut la main la palme de l’intérêt des internautes. Muriel Beyer, la moins présente dans le récit, la moins impliquée dans le film mais la plus recherchée sur le Net! Elle est suivie de très près par le jeune et flamboyant éditeur de Sigolène, récemment épanoui par sa paternité nouvelle, le discret mais indispensable Denis Bouchain. La suite du palmarès n’agitera guère les neurones sauf à constater à nouveau que les putes de Cavaillon – tout comme celles de Djibouti, nouvellement arrivées dans ce classement-  sont très recherchées.Un annuaire, j’imagine, s’impose, mais peut-être existe-t-il, je concède volontiers mon ignorance des réseaux des amours tarifés. Certaines recherchent la femme de Manuel Carcassonne, d’autres celle de Denis Bouchain. Les ont-ils trouvées sur la toile? La question restera sans réponse. Quand à la modeste plume qui se distrait en agitant ses frêles petits doigts sur le clavier, il doit bien constater que sa renommée numérique rencontre celle de son avatar humain et que celle-ci demande à être encore considérablement développée. En fais-je le voeu ? Ma foi… Là, dans l’instant, en écrivant ces batifoleries, je n’ai qu’un voeu à faire. Celui d’être chaque matin, comme ce matin et comme tant d’autres, réveillé par la chaleur du souffle de la petite libellule qui vient s’agiter dans mon lit pour m’avertir que le loup est rentré dans sa chambre et que le chasseur doit venir l’effrayer. Le chasseur se lève et pan, double pan, triple pan, souscrit volontiers à l’exigence de la galinette.  Mais ceci n’a rien plus rien à voir avec cela.

En ce jour de fin des jours, je vous adresse mes meilleures pensées.

Et si vous n’avez vraiment rien d’autre à faire…

muriel beyer 44
denis bouchain 24
margaux guyon 20
sigolène vinson 13
muriel beyer plon 13
sigolene vinson 12
emilie deville 8
denis bouchain plon 7
bouchain 5
sigolène et margaux 5
salon du livre de brive 3
denis bouchain contacts 3
manuel carcassonne grasset 3
documentaire rentrée litteraire 3
photos soirée prix littéraire la coupole 2011 3
la coupole 3
photo fete du livre saint etienne 2011 3
denis bouchai n 3
« augustin trapenard » 2
margaux pellegrino 2
brives la gaillarde 2
https://rentreelitteraire2011.wordpress.com/ 2
numero de pute a cavaillon 2
salon de brive 2
cinema le desespérado paris programmation 2
fete du livre de saint etienne 2
quetion a pose sigolene vinson 2
presentation margaux guyon 2
editions plon muriel beyer 2
salon du livre marseille 2
prix littéraire de la coupole 2011 2
directrice littéraire plon 2
delphine guyon 2
latex etc margaux guyon 2
documentaire rentrée littéraire 2011 2
prix de la coupole 2
denis bouchain et sa femme 2
denis bouchain interview 2
margaux guyon cavaillon 1
éditeurs manuel carcassonne muriel beyer 1
margaux guyon nul 1
sigolène vinson : j’ai détesté le pays des braves 1
sigolène et margaux une rentrée littéraire un film de raphaël pellegrino 1
video denis bouchain éditions plon 1
« denis bouchain » 1
librairie rue des ecoles paris 1
premiers romans rentrée 2011 1
seconds romans de la rentrée littéraire 2011 1
« rentrée littéraire » + « directeur commercial » 1
ennui cavaillon 1
le fort sagallo grasset sigolène vinson 1
cavaillon guyon 1
j’ai déserté le pays de l’enfance sigolène vinson 1
manuel carcassonne 1
« documentaires rentrée litteraire 2011 » 1
rentrée littéraire documentaire 1
rentrée littéraire premiers chapitres livres 1
guyon latex 1
rentrée littéraire premiers chapitres 1
rentrée littéraire 2011 1
rentree litteraire documentaire 1
relation epistolaire vinson 1
sigolene vinson romanciere 1
vendeurs d’interforum et écrivains 1
rentrée littéraire plon 1
stephane billerey leclerc 2011 1
sigolène vinson photos 1
femme de manuel carcassonne 1
chronique d’un roman rentree litteraire 2011 1
muriel beyer éditions plon 1
bande annonce chroniques de la rentrée littéraire 1
« saint etienne » -foot -football -club -ligue -resultat 1
tournage a brive 2011 1
putes a cavaillon 1
margaux poser 1
brive service a la personne 1
st-etienne 1
guyon christophe cavaillon 1
pute à cavaillon 1
brive la gaillarde cinéma 1
foire du livre à brive 2011 1
entre nous soit dit margaux 1
sigolene et margaux rentrée littéraire 1
beyer muriel 1
plon bouchain 1
margaux blog littéraire 1
image brive la gaillarde 1
augustin trapenard khâgne 1
« muriel beyer » 1
raphael pellegrino sigolène et margaux 1
sigolène voyant 1
salon du livre saint-etienne 1
je rentre avec la margaux 1
margaux streiff 1
salon de brive photo 1
directeur plon 1
sigolène et margaux raphael pellegrino 1
margaux guyon magazine littéraire 1
histoire bateau echoue margaux 1
sigolene vinson bouchain 1
bouchain denis plon 2012 1
sigolène et margaux wordpress 1
roman margaux l 1
liste de numero de pute a cavaillon 1
margaux brives 1
raphael pellegrino 1
brive la gaillarde photo 1
segond-guyon 1
sigolène et margaux une rentrée littéraire 1
restaurant djibouti putes 1
blog sigolene 1
rentree litteraire 2011 documentaire 1
margaux vinson 1
denis bouchain plon manuscrit 1
plon a vendre 1
sigolène vinson j’ai déserté le pays de l’enfance 1
bouchain leclerc 1
chronique de margaux 1
cav vinson saint etienne 1
manuel carcassonne epouse 1
directeur littéraire plon 1
direction littéraire plon 1
murielbeyer/plon@litt.dom 1
interforum 1
bande annonce litteraire 1
pute cavaillon 1
« manuel carcassonne » 1
documentaires rentrée littéraire 1
Publicités

Les mots-clefs de la culture du net…


Toutes les recherches effectuées au travers d’un moteur de recherche et aboutissant à une lecture de ce blog laissent une trace. J’ai donc l’opportunité de constater par quel type d’intérêt l’internaute finit par venir se distraire au contact de celui-ci. La dernière de ces requêtes aura certainement désappointé celui qui cherchait à trouver le Graal de son attente puisque celle-ci tenait en ces termes ‘liste de numéros pute cavaillon’. Ainsi, par une soirée d’ennui, ne sachant comment aller au contact de celle qui pourrait le satisfaire rapidement, un triste sire cherchait si le plus gros bottin du monde ne pouvait lui fournir avec diligence la satisfaction immédiate d’un besoin impérieux. Le pauvre ne trouvera que la trace du parcours littéraire d’une jeune fille qui nous narre les moments de stupre et de luxure qu’elle aurait connus dans une adolescence égarée. Peut-être à deviner son récit se sera-t-il contenté d’une rapide branlette imaginant comment lui aussi au hasard d’une soirée de la bourgeoise provinciale, il aurait pu, au prix de quelques euros, s’envoyer en l’air avec l’auteure cavaillonnaise.

Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire, un film de Raphaël Pellegrino

Vidéo


Pour tous ceux qui n’auront pu le visionner en projection publique et qui ne pourront le voir en festival, ‘Sigolène et Margaux – Une rentrée littéraire’ est désormais accessible en ligne. Le film aura finalement une durée de 60 minutes, soit un moyen-métrage.

Chapitre 3


Avant d’être confronté à quelques problèmes techniques tels qu’ils peuvent vous pousser à repousser les limites de la patience, j’aurai filmé l’impression du livre de Sigolène. Mille kilomètres dans la journée pour une heure de tournage. Il en va là des nécessités ordinaires d’une production.

De l’été ne me reste que le souvenir d’une invraisemblable bataille avec mes images. Le matériel avec lequel j’ai tourné mes premières séquences était défectueux. Impossible de s’en rendre compte en tournage ; ma bécane plantée m’empêchait de digitaliser. Je passerai des semaines à corriger des images et surtout du son déficient. Mon premier montage m’endort d’ennui. Je comprends que je dois accepter de travailler avec plus de souplesse. Je ne fais plus un magazine, autant aller au plus près de ma sensibilité. Bonne pioche. Jour après jour, je me rapproche de mon désir. Traduire l’œuvre en image, observer l’auteur, témoigner de son parcours dans la rentrée littéraire.

S’impose l’évidence de la présence de Margaux. Les semaines passent et je tarde à l’appeler pour l’intégrer plus avant dans mon film. Ce sera corrigé à la rentrée, un peu tard. Contactée, Margaux ne verra pas d’objection, l’équipe de Plon sera plus dubitative, voyant dans ma demande une réaction d’opportunisme déplacée. La rentrée médiatique de Margaux est agitée,  l’éditeur me pense courir derrière son succès. Il faudra pas mal de pédagogie de ma part pour expliquer ma démarche et leur faire comprendre la nécessité d’élargir le contexte du film aux deux personnalités qui représentent la rentrée littéraire de Plon comme premières auteures.

Ceci fait, je chercherai et trouverai comment équilibrer la présence de mes personnages. Je veux être proche des deux œuvres, je dois me rendre à Cavaillon et à Marseille, lieux évidents pour illustrer le roman de Margaux.

Les semaines suivantes, je m’applique à poursuivre montage, tournage et recherche de partenaires de diffusion tout en poursuivant les activités alimentaires. Travailler seul me pèse. Ce film représente bien plus d’efforts et d’attention que je ne l’aurais soupçonné.

De jour en jour, je me suis rapproché de l’heure où le tournage s’achèverait. Je décidai que le Salon de Brive me verrait terminer mon film. Il correspond à la fin de la rentrée littéraire.  Au cours de ces semaines, il m’aura fallu composer avec les égos de chacun, les incompréhensions, les irritations et, dois-je l’admettre, ma lassitude de me voir justifier mon tournage à chaque fois que pointe le bout de ma caméra.

Le temps consacré à produire cet opus est excessif, je me suis trop éloigné de mon univers professionnel, obsédé par l’idée de produire une première œuvre digne d’intérêt, et, probable erreur, qui corresponde à mes engagements moraux à l’égard de chacun, c’est-à-dire un film bienveillant, ou à minima qui ne déconsidère personne. L’engagement est noble mais correspond-il au regard que je dois poser ?

Sigolène, Margaux et Camille

Quoi qu’il en soit, les trois journées de Brive se sont déroulées. Fut-ce la fin du tournage ou la proximité d’une première diffusion, chacun se sera détendu et aura accepté ma présence avec plus d’évidence.

Les interminables heures de montage qui suivront confirmeront que la fabrication d’un film quel qu’il soit demande un investissement personnel sans faille.

Vint la projection. La salle de cinéma de JP Mocky, Le Desperado, se révèle un lieu plein d’attrait pour une petite production comme la mienne. Je verrai avec émotion les images de mon film défiler sur l’écran et traduire la sensibilité qui aura été la mienne au contact de Sigolène et Margaux. Un temps effroyablement court où ces soixante minutes de film témoignent de mes six mois de travail. Le mot « Fin », des applaudissements. Il y eut des rires, des larmes ; de l’émotion me semble-t-il. Sigolène s’excuse, publiquement, de la difficulté des relations que l’on a entretenues pendant tous ces mois. Je suis heureux de l’entendre, d’enfin l’entendre. Margaux, elle, ne semble intéressée que par l’idée que rien de nuisible à sa personne ne transpire du film. Elle s’abstiendra de se joindre à toute l’équipe de Plon avec qui nous partons boire un verre pour, me dit-elle, aller dîner avec des amis. Nous la retrouverons en dernière partie de soirée. Guère de commentaires de sa part, guère d’émotions. Soit. Sigolène parait plus touchée, émue. Quant à l’équipe de Plon, elle est soulagée. Pendant tout le tournage chacun avait craint, malgré mes dénégations répétées, de voir leur milieu dépeint négativement.

Je suis circonspect. Je sais avec certitude que le film ne produit pas d’ennui, qu’il est léger, poétique et remplit bien des objectifs que je m’étais fixés. Entre documentaire et fiction, il permet d’aller au contact de l’œuvre des auteures, de percevoir leur parcours, d’observer leur arrivée dans le monde de la littérature. Mais ai-je été assez impertinent, assez caustique. Mon film n’est-il pas trop bienveillant ?

J’ai aimé cette aventure. Elle fut infiniment plus compliquée à réaliser que je ne l’imaginais. J’ai appris. Enormément. Sur mon métier, sur l’humain, comme à chaque tournage. Ce fut le premier. Le premier des miens. Il y en aura d’autres.

Maintenant, les festivals, peut-être la télévision, certaines foires aux livres. L’avoir réalisé fut une chose, il faut le faire vivre. 

A bientôt,

Chapitre second – I


Chapitre Second

‘Les mouettes naissent

des mouchoirs qu’on agite

au départ des bateaux.’

Ramon Gomez de la Serna 

Un film de Raphaël Pellegrino 

Chronique d’une rentrée littéraire.

–     I    –

Ce mardi-là, je me rends chez Sigolène le matin, aux alentours des 8h30. La veille, j’ai appris que le diffuseur auquel j’aspirais ne sera pas de la partie. Depuis des semaines, je vais de production en production, suscitant là, un intérêt véritable, ici un entretien poli. Chez beaucoup de l’intérêt mais une question lancinante, qui diffusera ? Le paysage audio-visuel a eu beau se recomposer avec forces chaines, de la généraliste à la thématique en passant par la TNT, le compte n’y est pas. La TNT, porteuse de bien des promesses est devenue le boulevard des rediffusions et le porte-monnaie des chaines traditionnelles qui y amortissent leurs productions. Le paysage audio-visuel a eu beau se démultiplier, il est plus porteur de parler de putes, de flics et de drogues voire de campings et de liftings que de faire un documentaire sur la rentrée littéraire. Malgré cette absence de financement initial, j’entame le tournage. Je suis confiant dans ma démarche, au besoin je réaliserai ce film à compte d’auteur.

Sigolène a hésité à accepter ma présence, oscillant entre un intérêt mineur et une crainte certaine. Son éditeur n’y trouvant rien à redire, voire y trouvant un intérêt, a rassuré ses peurs et levé ses appréhensions. Je cherche aussi à la tranquilliser par tous les moyens, l’assurant de ma bienveillance, un mot qu’elle ne goûte guère.

By Emilie Deville

Quelques mois auparavant, je la retrouve après nous être éloignés quelques années. Je suis ravi d’apprendre qu’elle va être publiée. Ravi et surpris. Surpris par les étapes qui l’attendent. Rien d’extraordinaire pour les initiés probablement mais un certain étonnement d’apprendre qu’elle doit rencontrer des commerciaux pour se présenter, des libraires, dans des réunions où plusieurs centaines d’entre eux seront présents, aller à l’un ou l’autre cocktail, des remises de prix. A la remise du Prix de la Coupole, elle s’étonnera autant que moi de cette ambiance particulière où l’on « croise des messieurs avec des chapeaux et des dames avec des talons-hauts », un lieu où le champagne égaiera plus que les mots d’esprit. Elle fera bien entendu des séances de dédicaces, des foires aux livres, répondra peut-être à des interviews. Viendra le jour où son livre est en vente et qu’il se vend, ou pas. La question de la rentrée littéraire également, phénomène franco-français qui voit près de sept cents ouvrages investir les linéaires en six semaines. Pour certains une rare opportunité, pour d’autres un pugilat. Moins de deux semaines après ces retrouvailles, je décide que je ferai ce film, ce jour-là encore simple sujet de magazine.

Ce matin, je suis chez elle et je tourne. Elle a rendez-vous dans moins d’une heure. Les commerciaux du groupe Interforum reçoivent à intervalles réguliers les auteurs pour de courtes présentations. En quelques dix minutes, l’auteur se vend, lui, son livre, son histoire. Ce moment me fascine. Tellement éloigné de la sensibilité qui conduit à produire un roman, il impose un exercice d’exposition dont je me rendrai compte qu’il convient de le réussir. Nous partons, voyageons sous terre, dans ce métro que Sigolène déteste. Sur place, un autre cameraman filme. Là, tout ce que doit compter un service commercial ; une dizaine d’hommes et de femmes qui arpentent les routes de France à la rencontre de leurs libraires, leur directeur, qui fut des plus rétifs à notre présence, des attachées de presse, le directeur commercial  et la directrice littéraire de Plon et tout au long de la matinée des auteurs qui se succèdent, de Xavier Rauffer à Christophe Michalak en passant par Delphine de Malsherbe.

Nous arrivons. Sigolène croise les pas de Stéphane Billerey, le directeur commercial et marketing de Plon qui lui donne quelques conseils, « Il faut dévoiler sans donner l’intrigue. Expliquer pourquoi ce sujet-là, expliquer la trame et la construction ». L’homme est rassurant, attentif sans excès. Quelques minutes plus tard, il la quitte pour commencer la réunion. Sigolène patiente dans le salon attenant. Nous sommes à la Villa Modigliani, hôtel dans le 14ème. La directrice littéraire de Plon l’a rejointe. Elles partagent un thé. L’homme qui l’a découverte, Denis Bouchain, n’a pas pu être présent. Ce sera donc elle qui l’accompagnera. Par tradition, chaque éditeur est aux côtés de son auteur.

Neuf heures quarante, Christophe Michalak sort de la salle. Le cuisinier n’aura eu aucune difficulté à convaincre des bienfaits de ses chocolats que chacun aura pu déguster. Sigolène entre, les mains vides, précédée de Muriel Beyer, la directrice littéraire. Elle introduit Sigolène et son ouvrage. « Un livre d’un grande poésie…d’une grande profondeur… Un livre générationnel sur les illusions perdues, les rêves auxquels on croit à vingt ans… Une autofiction ». Muriel Beyer est rompue à l’exercice ; plus de vingt années dans la profession et beaucoup de foi dans la présentation des poulains de la maison. La parole est donnée à Sigolène. Les premiers mots sortent, sans trop d’hésitation, à peine doit-elle réfréner une certaine émotion. Je suis concentré sur mon travail. Avoir les bonnes images, le bon cadre, les bons raccords. Sigolène me paraît fluide mais à vrai dire, tout cela ne sera réel que lorsque je reverrai les images. La vitesse à laquelle tout ceci se passe ne me laisse pas le temps d’observer attentivement ce qu’elle vit. Au montage, je le reverrai dix fois, vingt fois et en tirerai ce que j’écris, ce que je monte. Huit minutes quarante-sept plus tard, Sigolène a terminé. Les deux cents pages de son livre sont à peu de chose près devenues ce qu’en délivrera la quatrième de couverture. Quelques fragments qui doivent nous convaincre d’aller un peu plus loin. Les commerciaux présents sont plutôt bienveillants. On ne suspecte pas un intérêt permanent des présentations qu’ils leurs sont faites mais comment leur en vouloir face à la cadence qui est imposée. Au sortir de cet exercice de style, l’avocate qu’elle n’est plus semble fatiguée. Elle me dira «  défendre la cause des autres je sais faire mais défendre la mienne c’est plus difficile » ; quelques minutes passent « j’avais la voix qui tremblait, non ? »« Non »-« Ah,… je croyais ». Je suis incapable de savoir ce que j’ai tourné. Trop rapide, trop tendu. Je croyais la dramaturgie de l’instant certaine, la réalité  était moins palpitante quoique l’enjeu bien réel. Les dix commerciaux présents peuvent influer de manière certaine sur la vie d’un roman, tout particulièrement d’un premier. Lorsque je visionnerai les images, très vite une certitude, la présence de Sigolène à l’écran est remarquable. Encore cela ne fait-il pas un film, mais du moins de son image transparaît la poésie que je pouvais espérer mettre dans mon récit.

Présentation aux commerciaux d'Interforum

Il est un peu plus de dix heures, Sigolène s’en va. Margaux Guyon suit dans l’ordre des présentations. Son ouvrage au doux nom de « Latex « , auquel l’éditeur ajoutera plus tard l’abréviation etc…, est le produit d’une khâgneuse de vingt-deux ans au verbe facile. Nous nous sommes parlé  avant sa présentation, à peine, une question rapidement cadrée. Le temps me manque pour capter tout ce qui devrait l’être. De manière certaine, elle m’intrigue. Cette jeune romancière est-elle la jeune fille à l’allure provinciale de première de classe et à l’arrogance suffisante qu’elle décrit dans son livre. A sa lecture, j’appris qu’elle était de Cavaillon, qu’elle préparait normale sup et que son talent était certain. Un roman où ce que je perçois comme la souffrance de l’auteure s’est effacée derrière le masque de la provocation. C’est le second ouvrage de la rentrée littéraire française de Plon en qualité de premier roman. Deux femmes aux livres et aux personnalités très éloignées. Deux autofictions. Margaux rentre dans la salle. La directrice littéraire de Plon est manifestement sous le charme. La présentation commence.

La suite… dans quelques jours.